Première analyse des conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire de la Covid-19 et de la période de confinement en Côtes d'Armor...

Mise à jour : 03/07/2020

Les impacts tant économiques que sociaux de la crise sanitaire liée à la COVID-19, qui se font déjà sentir, vont malheureusement se prolonger et sans doute s’amplifier au cours des mois à venir. Leur ampleur et durée dépendront fortement des conditions de sortie de la période actuelle, mais aussi de la capacité des ménages et entreprises à surmonter cette crise et à retrouver un niveau de confiance, de consommation et de production suffisant.

Dans le cadre de leur mission d’observation, l’ADAC et CAD continueront de produire à un rythme trimestriel les données et analyses qui permettront de suivre l’évolution des indicateurs de conjoncture en Côtes d’Armor au cours des mois à venir.

> Voir aussi le Côtes d'Armor Conjoncture n° 68 > Bilan du 1e trimestre 2020 et évolution à un an d'intervalle

> Autre page Armorstat à consulter > Mesure de l'impact du COVID-19 sur l'activité touristique en Côtes d'Armor

> Publication > Point de conjoncture Insee en date du 8 juillet 2020

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Situation en Côtes d’Armor fin 2019, avant la crise : "Tous les indicateurs, ou presque, au vert"

Les Côtes d’Armor ont terminé l’année 2019 sur un bilan économique et social très favorable... Les tendances à l’amélioration de l’économie Costarmoricaine observées les trimestres précédents se sont confirmées en fin d’année 2019. Les principaux indicateurs économiques affichaient alors une évolution favorable, tant au niveau des entreprises que des ménages (Cf. tableau ci-dessous).

Portés par une bonne conjoncture économique, les effectifs salariés ont progressé et le chômage a reculé. La baisse a concerné toutes les catégories de demandeurs d’emploi y compris la Catégorie A (n’ayant exercé aucune activité). Cette amélioration a notamment profité aux chômeurs de longue durée (près de la moitié des demandeurs d’emploi).

Synthèse fin 2019 de l’évolution de la conjoncture économique et sociale en Côtes d’Armor à la veille de la crise sanitaire :

Indicateurs de conjoncture économique et sociale Armorstat
Sources : Côtes d’Armor Conjoncture > Détails
Valeur 4e Trim. 2019 (1)
Variation sur 1 an (2)
ACTIVITES DES ENTREPRISES
Chiffre d’affaire des entreprises (milliards €)
7,1
+ 5,9 %
Créations d’entreprises
1 087
+ 22,5 %
Procédures collectives (liquidations, redressements...)
67
Stable
TVA déductible sur immobilisations entreprises (millions €)
59,3
+ 10,9 %
Indice de l'encours des crédits à l’équipement des entreprises (base 100 1e Trim. 2002)
191,6
+ 16,5 pts
Indice de l'encours des dépôts à vue des entreprises (base 100 1e Trim. 2002)
374,5
+ 43,0 pts
Indice de l'encours de l'épargne financière des entreprises (base 100 1e Trim. 2002)
82,1
+ 0,2 pt
Surface des locaux professionnels autorisée (SHON, m²)
114 649
- 10,2 %
Montant en valeur des exportations (millions €)
313,7
+ 5,3 %
Montant en valeur des importations (millions €)
307,0
- 5,6 %
EMPLOI - MARCHE DU TRAVAIL
Emploi salarié secteur privé (données brutes) dont...
125 927
+ 1,9 %
Industrie
24 231
+ 1,1 %
Construction
12 973
+ 3,0 %
Commerce
23 060
+ 0,4 %
Hôtellerie, restauration
5 953
+ 5,1 %
Autres services hors intérim
51 335
+ 1,5 %
Intérim
8 375
+ 7,4 %
Demandeurs d’emploi de Catégories A, B, C (moyenne trimestrielle) dont…
47 644
- 3,5 %
Demandeurs d’emploi de Catégorie A
26 309
- 4,1 %
Demandeurs d’emploi de - de 25 ans
6 640
- 7,3 %
Demandeurs d’emploi de 50 ans et +
13 309
+ 0,8 %
Demandeurs d’emploi de longue durée (+ 1 an)
22 746
- 2,8 %
Heures partielles autorisées
n.d.
Offres d’emplois collectées par Pôle Emploi
1 800
+ 5,9 %
Taux de chômage (%)
7,1
- 0,6 pt
ACTIVITES, CONSOMMATION DES MENAGES ET DES PARTICULIERS
TVA collectée auprès des ménages (consommation, millions €)
187,8
+ 4,5 %
Indice de l'encours des crédits à l’habitat des particuliers (Base 100 1e trim. 2002)
363,3
+ 20,1 pts
Indice de l'encours des crédits à la consommation des ménages (base 100 1e trim. 2002)
158,1
+ 5,3 pts
Indice de l'encours des dépôts à vue des particuliers (base 100 1e trim. 2002)
254,7
+ 15,1 pts
Indice de l'encours de l'épargne financière des particuliers (base 100 1e trim. 2002)
166,1
+ 6,3 pts
Immatriculations de voitures particulières neuves
4 564
+ 11,1 %
Constructions de logements neufs autorisées
743
+ 4,9 %
Logements commencés (hors logements en résidence)
585
- 25,7 %
PRECARITE
Foyers bénéficiaires du R.S.A. "socle" CAF mars 2020
10 346
+ 1,1 %
TOURISME
Taux d'occupation moyen des hôtels (%)
43,7
Stable
Nombre total de nuitées touristiques (Flux F. Marchand, millions)
23,5
+ 2,0 %
PÊCHE - AGRICULTURE
Valeur des produits de la pêche débarqués en criées (millions €)
21,0
- 2,15 %
Investissement moyen dans les exploitations agricoles (€)
48 500
+ 18,3 %
Prix de base du porc (€ / kg de carcasse) décembre 2019
1,487
+ 24,3 %
Prix de base du lait "A" (€ / 1 000 litres) décembre 2019
331,36
+ 3,0 %
Evolution favorable Stabilité Evolution défavorable - n.d. : donnée non disponible
(1) Données du 4e Trim. 2019 sauf précision différente sur la date pour certains indicateurs
(2)
Evolution par rapport au 4e trimestre 2018 sauf précision différente sur la date pour certains indicateurs

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Contexte général et prévisions de sortie de crise

Selon tous les observateurs, l’année 2020 sera marquée au plan national par des évolutions économiques et sociales majeures, inédites depuis la 2nd Guerre mondiale et qui n’ont pas été constatées après la crise de 2008, parfois prise comme référence mais d’une toute autre nature :

  • Une réduction d’1/3 environ pendant la période de confinement de la consommation des ménages, réduction éventuellement temporaire compte-tenu du niveau d’épargne des ménages au cours des mois passés (100 milliards de plus sur l’année 2020 par rapport aux prévisions selon la Banque de France) et à condition que s’installe un climat de confiance propice à la reprise d’activité et de la consommation dans une période de crise économique et d'inquiétude sociale ;
  • Une chute de l’activité des entreprises avec des différences très importantes selon les secteurs (Cf. tableau ci-après) ;
  • Une baisse significative du PIB national en 2020 estimée à 10 pts par la Banque de France qui prévoit également un rebond de 6,9 pts en 2021, le PIB ne retrouvant son niveau d’avant crise qu’en 2022 ;
  • Une forte réduction de la croissance nationale estimée entre 8 et 10% selon les sources (Insee, Banque de France) ;
  • Une augmentation durable de la dette publique, qui devrait représenter 120% du PIB fin 2020, ainsi que des déficits publics ;
  • La défaillance et disparition à venir de nombreuses entreprises, notamment lorsque prendront fin les mesures d’aides et d’accompagnement et reviendra le temps d’honorer certaines charges et dépenses (salaires et charges, loyers, fournisseurs, remboursement de prêts, payement des différés d'impôts et de charges…) ;
  • Une augmentation très importante du chômage (500 000 emplois détruits en 2020) qui, selon la Banque de France, devrait atteindre son pic mi-2021 avec 1,5 million de demandeurs d’emploi de plus qu’à la fin de l’année 2019 et un taux de chômage de 12% contre 8,1% fin 2019...

L’ensemble des mesures prises par le Gouvernement et les collectivités territoriales pour contenir les effets économiques et sociaux immédiats de cette crise sans précédent ont permis d’en limiter pour l’instant l’ampleur (chômage partiel, arrêts de travail, aides directes, prêts garantis, apports de fonds propres, reports de charges…). Cela concerne en particulier certains secteurs plus directement, et sans doute plus durablement, impactés qui bénéficieront, ou pas, de conditions de reprise favorables (transports, construction, commerce, services aux entreprises...). Dans le même temps, des plans de relance spécifiques ont été mis en œuvre (aéronautique, construction automobile, tourisme, restauration, hébergement…).

Durant cette période, certaines activités économiques ont aussi mieux résisté tel que l’immobilier, l’agriculture ou l’agro-alimentaire, les intentions d’acquisition ou de consommation des ménages des biens et produits de première nécessité relevant de ces secteurs s’étant, peu ou prou, maintenue y compris pendant la période de confinement la plus stricte. Certains secteurs ont aussi développé leur activité au cours des mois passés tel celui de la vente en ligne qui aura donné aux consommateurs de nouvelles habitudes d’achat qui ne seront pas sans conséquences demain pour le commerce traditionnel.

Les hypothèses et conditions de sortie de crise restent encore incertaines et il est difficile, pour l’instant, de privilégier les unes par rapport aux autres. Même en écartant tout rebond de la crise sanitaire (toujours possible), reste à vérifier le retour « à la normale » de la consommation et habitudes de vie des ménages dont les références et aspirations pourraient avoir évoluées pendant et après cette période toute particulière qu’ils ont traversée (rapport au travail et à la famille, développement du télétravail conduisant à des choix résidentiels différents et à des organisations d’entreprises nouvelles…).

Certains secteurs devraient logiquement pouvoir rebondir et, pour certains, rattraper les retards pris. D’autres ne pourront compenser le manque à gagner (« ce qui est perdu est perdu ») et risquent de subir plus durablement des conséquences de la crise et des mesures de protection des populations qui pourraient être plus ou moins maintenues au cours des prochains mois (culture, loisirs, restauration, hébergement…).

Reste aussi que certaines régions, dont la Bretagne, ont été moins touchées par la crise sanitaire, contrairement à d’autres territoires, et ont été a priori moins durement impactées économiquement compte tenu de la nature de leur tissu économique à l’exception sans doutes des secteurs les plus exposés.

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Situation en mai-juin 2020

Les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire qui a débuté en fin d’année 2019, puis qui s’est intensifiée dans le courant des premiers mois de l’année 2020, se font déjà sentir et il est malheureusement d’ores et déjà acquis qu’elle aura des effets défavorables importants sur l’évolution de la conjoncture économique et sociale en Côtes d’Armor, effets qui seront mesurés au cours des semaines et mois à venir.

Si plusieurs dispositifs de suivi ont été mis en place, et si plusieurs premières analyses ont été publiées au cours des dernières semaines, dont certains éléments sont repris ici (Banque de France, Insee, DIRECCTE, DGEFP/ASP, OFCE, DARES, Sese Bretagne, Pôle Emploi...), pour l’instant ces travaux concernent principalement les échelles nationale et régionale, parfois départementale.

La disponibilité de données à une maille départementale mais surtout infra-départementale (EPCI, zones d’emploi...), qui permettra d’analyser et de comparer plus finement les situations et évolutions territoriales, ne sera effective que dans le courant des prochains semaines avec un décalage de 3 mois environ (exemple : mise à disposition en septembre 2020 des données du 2nd trimestre qui intègreront la mesure des premiers effets de la crise). En effet, les conséquences économiques et sociales qui sont pressenties ne se sont pas encore toutes concrétisées et ne se traduisent pas pour l’instant sur le plan statistique.

Outre le temps nécessaire de production des données, cela tient également aux différentes mesures prises par le Gouvernement et les grandes collectivités territoriales (Régions, Départements) pour soutenir et sauvegarder l’économie nationale : l’instauration d’un chômage partiel massif et plus ou moins durable selon les secteurs d’activité, mais qui revient à reporter dans le temps une part de chômage « réel », des dispositifs d’appui financiers des collectivités et des banques aux entreprises qui peuvent y prétendre et qui leur assurent un minimum de trésorerie...

Par ailleurs, l’autre inconnue, en dehors du bon déroulement de la phase de déconfinement progressif en cours et d’une éventuelle seconde vague de la Covid-19, qui ne semble fort heureusement pas se profiler pour l’instant, reste la rapidité avec laquelle la confiance des ménages et des entreprises va revenir ainsi que de la capacité des unes à produire et des autres à relancer la consommation.

Au niveau de la Fédération des Agences d’Urbanisme et de Développement, dont l’ADAC est membre, trois initiatives ont été prises afin de mettre durablement à la disposition des décideurs publics (collectivités...) et privés (entreprises...) des éléments d’analyse et de suivi des effets économiques et sociaux de la crise sanitaire à l’échelle de la Bretagne :

  • La production d’une analyse sur la « Vulnérabilité des territoires bretons face à la crise Covid-19 » à la maille des EPCI et zones d’emploi, compte tenu notamment de leur structure économique et sociale (publication en juillet) ;
  • La mise en place d’un dispositif longitudinal de suivi trimestriel des principaux indicateurs de conjoncture économique et sociale accessible par tous à la maille de la région, des départements et EPCI bretons à partir des différentes sources disponibles (mise à disposition en septembre) ;
  • La production d’analyses territoriales ou thématiques (filières) permettant de mesurer plus précisément certaines évolutions (en fonction sujets à traiter en priorité).

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Un impact et une reprise variables selon les secteurs d’activité

Toutes les filières économiques n’ont pas été impactées avec la même ampleur (Cf. tableau ci-dessous) et la durée de la période de redressement sera elle-même variable selon les secteurs d’activité. Si les données ci-après donnent une tendance au niveau national, elles laissent cependant entrevoir également les conditions de sortie de crise en Côtes d’Armor selon les activités économiques.

Si quelques filières ont finalement été moins impactées, dont certaines bien présentes en Côtes d’Armor (Agriculture, IAA, activités financières et d’assurance, information et communication, activités immobilières...), qui avaient déjà permis au département de mieux résister que certains territoires à la crise financière de 2018, d’autres au contraire l’ont été bien davantage : Industrie hors IAA, construction, commerce, hébergement et restauration, vente et réparation d’automobiles, transports et entreposage...

Si un « retour à la normale » n’est pas envisagé avant de nombreux mois, voire des années pour certains observateurs et analystes économiques, et s’il est encore difficile d’anticiper les conditions de sortie de crise pour chacun des secteurs d’activité, certaines tendances observées ces dernières semaines sont plutôt encourageantes et certaines branches d’activité devraient rapidement revenir à une situation quasi normale (construction par exemple). Il n'est donc pas interdit de penser que les reprises d'activités seront dans certains secteurs plus rapides que prévu ce qui agira favorablement sur la croissance économique. Dans d’autres activités, le redressement sera beaucoup plus progressif et aura nécessairement des conséquences au plan social et de l’emploi, par exemple dans les secteurs du transport (aérien notamment), de la restauration et de l'hébergement, du tourisme et des loisirs, de la culture et de l'évènementiel... (Cf. tableau ci-dessous, comparaison du % de perte d’activité avant et après déconfinement).

Tableau : Estimations des pertes d'activité par rapport à une situation "normale"

Secteurs d’activité
Source : Insee à partir de diverses sources

Part dans le PIB (%)
Pertes d'activité estimées par rapport à une situation "normale"
(%)
Contribution à la perte d'activité
(pts de PIB)
Perte d'activité (%)
Avril
Mai
Juin
Juin
2nd trimestre
Agriculture, sylviculture et pêche
2
- 12
- 8
- 4
- 0,1
- 8
Industrie dont...
14
- 32
- 19
- 14
- 1,9
- 22
IAA
2
- 11
- 8
- 4
- 0,1
- 7
Cokéfaction et raffinage
0
- 24
- 13
- 9
0,0
- 15
Fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques, fabrication de machines
1
- 40
- 23
- 16
- 0,2
- 26
Fabrication de matériels de transport
1
- 67
- 51
- 41
- 0,6
- 53
Fabrication d'autres produits industriels
6
- 37
- 21
- 15
- 0,9
- 24
Industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution
2
- 12
- 5
- 3
- 0,1
- 6
Construction
6
- 61
- 47
- 31
- 1,7
- 46
Services marchands dont...
56
- 29
- 22
- 13
- 7,3
- 21
Commerce ; Réparation d'automobiles et de motocycles
10
- 36
- 27
- 16
- 1,7
- 26
Transports et entreposage
5
- 66
- 43
- 28
- 1,3
- 46
Hébergement et restauration
3
- 82
- 67
- 20
- 0,6
- 56
Information et communication
5
- 10
- 8
- 7
- 0,4
- 8
Activités financières et d'assurance
4
- 11
- 8
- 6
- 0,2
- 8
Activités immobilières
13
- 2
- 1
- 1
- 0,1
- 1
Activités scientifiques et techniques ; Services administratifs et de soutien
14
- 31
- 21
- 13
- 1,8
- 22
Autres activités de services
3
- 67
- 61
- 44
- 1,3
- 57
Services principalement non marchands
22
- 25
- 19
- 7
- 1,5
- 17
Total dont...
100
- 30
- 22
- 12
- 12
- 21
...principalement marchands
78
- 31
- 23
- 14
- 11
- 23
...principalement non marchands
22
- 25
- 19
- 7
- 1,5
- 17

Lecture tableau : En juin 2020, l'activité économique diminuait de 12% par rapport à une situation "normale". L'industrie, dont la perte d'activité est estimée à 15%, contribuait à hauteur de 2 points à cette baisse.

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Perte d'activité estimée en Bretagne et en Côtes d'Armor

      

Réalisation des cartes ci-dessus : Agence Quimper Cornouaille Développement (QCD), Fédération régionale des Agences d’Urbanisme et de développement de Bretagne (dont ADAC 22)

 

Note méthodologique relative aux cartes ci-dessus :

Pour mesurer localement les effets de la crise, il est avant tout nécessaire d’opérer un changement d’échelle pour appliquer les taux nationaux à l’échelle des intercommunalités. Cette mise en perspective permet ainsi d’observer des tendances nationales selon les spécificités locales. Pour appliquer ces pertes à l’échelle des EPCI et à chaque secteur économique, il a été nécessaire de déterminer la place de chacun d’entre eux dans l’économie locale.

La méthodologie utilisée se base sur les taux nationaux de perte de PIB calculés pour chaque secteur par l’Insee. À l’échelle locale, seul l’emploi permet de mesurer le poids de chaque secteur dans l’économie d’un territoire. Cependant, le rapport entre l’emploi et la valeur ajoutée de chaque secteur (ou PIB) n’est pas identique. Aussi, pour passer de l’un à l’autre, un facteur de pondération, équivalent au rapport obtenu entre le nombre d’emplois total d’un secteur en France et son poids dans le PIB national, est appliqué. Ce facteur de pondération, cumulé au poids des secteurs dans les territoires permet d’estimer une valeur ajoutée locale.

Les données d’emploi utilisées sont celle issues de CLAP (Connaissance Locale de l’Appareil Productif, millésime 2015). Malgré leur ancienneté, elles permettent d’identifier précisément la structuration du tissu économique local. De plus, la base CLAP couvre tous les pans de l’économie (services marchands et non marchands).

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Premiers impacts de la crise sanitaire sur le marché de l’emploi
en Côtes d’Armor

NB : Les données ci-après, relatives à l'évolution du marché du travail, sont issues de sources et de méthodes de comptage différentes (Insee d'une part, DIRECCTE & Pôle Emploi d'autre part).

Si l’on compare le nombre de demandeurs d’emploi de Catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi au 1e trimestre 2020 (47 362) à celui du 1e trimestre 2019 (49 305 soit une baisse de 3,94% à un an d’intervalle), et dans la continuité des tendances favorables observées tout au long de l’année 2019, le marché du travail a continué à s’améliorer en ce début d’année en Côtes d’Armor y compris pour les chômeurs de la seule Catégorie A (n'ayant pas du tout travaillé) dont l’effectif est passé de 27 772 à 27 075 (-2,51%).

Les premiers chiffres « post-Covid-19 », parus depuis le début du mois d'avril, laissent entrevoir une situation beaucoup plus complexe pour les mois à venir. Si le nombre de demandeurs d’emploi de Catégories A, B et C (source DIRRECTE & Pôle Emploi) n’a progressé « que de » 4,2% en avril 2020 par rapport au mois précédent (+2,7% en un an), celui des seuls chômeurs de Catégorie A a bondi de 28,7% (32,4% sur un an), progression légèrement inférieure à celle constatée dans les autres départements bretons et en moyenne régionale (+30,1%) mais sensiblement supérieure à la moyenne nationale (+23,7%). Ces valeurs dépassent de très loin celles de 1996 (dernières les plus importantes) et de 2009 dans un contexte de crise financière mondiale.

Cette évolution s’explique principalement par le transfert important de demandeurs d’emploi des Catégories B et C (ayant partiellement travaillé) vers la Catégorie A : non renouvellement de contrats précaires, fin des missions courtes et d’intérim... Elle tient également à une réduction des embauches par les entreprises par rapport à une situation "normale".

Les données DIRRECTE & Pôle Emploi parues en mai (Cf. tableau ci-dessous, dernières données disponibles) traduisent une évolution sensible du marché du travail au cours des semaines précédentes. Ainsi, l'effectif des demandeurs d'emploi de Catégorie A est en baisse sur un mois (-5,5%) du fait, notamment, d'une reprise d'activité au moins partielle d'un certain nombre de ces personnes.

A noter que les jeunes sont et seront au cours des mois à venir les plus impactés par les évolutions actuelles du marché du travail notamment parce qu’ils occupent souvent des emplois précaires et courts, situation qui ne devrait pas s’améliorer pour ceux qui, terminant leur formation, vont entrer prochainement sur le marché du travail dont le nombre est estimé à 700 000 chaque année au niveau national (le taux de chômage des jeunes actifs pourrait ainsi passer rapidement de 20 à 30%).

Cette progression effective et très forte du chômage sera d'autant plus perceptible dans le courant des prochains mois lorsque les mesures de soutien à l’économie et à l’emploi auront pris fin, ou auront été réduites, et que certaines entreprises, qui pour l’instant tentent de retrouver une activité normale, ne seront malheureusement pas parvenues à relancer leur activité et ne pourrons conserver l'intégralité de leur effectif salarié. De même, beaucoup d'indépendants pourraient ne pas parvenir à maintenir leur activité et venir amplifier encore l'effectif des demandeurs d'emploi.

Indicateurs d'évolution de la demande d’emploi en Côtes d’Armor :

Indicateurs
Sources : DIRECCTE & Pôle Emploi
Nombre de demandeurs d'emploi
Avril
2020
Variation
sur 1 mois
Variation
sur 1 an
Mai
2020
Variation
sur 1 mois
Variation
sur 1 an
Demandeurs d’emploi de Catégorie A
35 030
+ 28,7 %
+ 32,4 %
33 100
- 5,5 %
+ 25,0 %
Demandeurs d’emploi de Catégories A, B, C
50 080
+ 4,2 %
+ 2,7 %
50 150
+ 0,1 %
+ 3,3 %

(1) Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, sans emploi. Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, ayant exercé une activité réduite courte (de 78 heures ou moins sur un mois). Catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, ayant exercé une activité réduite longue (de plus de 78 heures sur un mois).

(2) Avertissement : Données CVS-CJO. Le nombre de demandeurs d'emploi du trimestre est une moyenne des données mensuelles afin de mieux dégager les évolutions tendancielles.

Indicateurs
Source : Insee
Moyenne des demandeurs d’emploi de Catégories A, B, C
Variation 1e Trim. 2020 (%)
1e Trim. 2019
4e Trim. 2019
1e Trim. 2020
Trimestrielle
Annuelle
Côtes-d'Armor
48 920
46 980
47 010
+ 0,1 %
- 3,9 %
Finistère
73 350
71 110
71 310
+ 0,3 %
- 2,8 %
Ille-et-Vilaine
82 930
81 530
82 390
+ 1,1 %
- 0,7 %
Morbihan
61 490
59 180
59 360
+ 0,3 %
- 3,5 %
Bretagne
266 690
258 800
260 070
+ 0,5 %
- 2,5 %
France entière
5 915 800
5 746 400
5 744 100
0,0 %
- 2,9 %

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Chômage partiel en Côtes d’Armor

Premiers éléments collectés concernant les demandes d’activité partielle tous motifs (données provisoires) :

Activité partielle au 7 juillet 2020
Sources : DGEFP/ASP, DARES, Sese Bretagne
Nombre d'établissements concernés
Nombre d'entreprises concernées
Nombre de  demandes
Nombre de salariés concernés
Nombre d'heures demandées
Côtes d’Armor
10 280
9 390
11 111
85 629
40 436 976
Bretagne
60 963
54 388
67 185
613 110
272 459 621
Part Côtes d’Armor (%)
16,86 %
17,26 %
16,53 %
13,96 %
14,84 %

 

10 secteurs les plus concernés en Bretagne et en Côtes d’Armor par l'activité partielle au 7 juillet 2020 - Sources : DGEFP/ASP, DARES, Sese Bretagne
Millions d’heures demandées
Part Côtes d’Armor (%)
Bretagne
Côtes d'Armor
Commerce ; Réparation d'automobiles et de motocycles
49,85
7,69
15,42 %
Construction
39,75
6,83
17,19 %
Activités de services administratifs et de soutien
27,37
3,65
13,35 %
Hébergement et restauration
26,50
3,52
13,30 %
Transports et entreposage
19,00
2,68
14,11 %
Activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d’ingénierie et d’analyse technique
12,98
1,40
10,78 %
Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de productions à base de tabac (IAA)
12,73
3,13
24,55 %
Autres activités de service
7,68
1,30
16,96 %
Hébergement médico-social et social et actions sociales sans hébergement
6,23
1,05
16,85 %
Autres industries manufacturières ; Réparation et installation de machines et équipements
6,04
-
-
Métallurgie et fabrication de produits métalliques à l'exception des machines et des équipements
-
1,07
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Synthèse de l’évolution de la conjoncture économique et sociale en Côtes d’Armor au 31/03/2020 : "Début de dégradation de certains indicateurs"

Indicateurs disponibles à la date du 30 juin 2020 correspondant aux données du 1e Trimestre 2020 qui englobent la dernière quinzaine du mois de mars « confinée ».

A un an d'intervalle, la plupart des indicateurs de conjoncture du 1e trimestre 2020, qui englobent deux semaines de confinement, résistent encore aux effets de la crise sanitaire (Cf. tableau ci-après) qui ne seront réellement perceptibles et mesurables qu'au cours des mois à venir. Pour autant, quelques-uns s'inscrivent déjà dans une tendance négative au 1e trimestre 2020 : Chiffre d'affaire, montant de TVA déductible sur immobilisations et indice de l'épargne financière des entreprises, offres d’emplois collectées par Pôle Emploi, immatriculations de voitures particulières neuves, logements commencés, foyers bénéficiaires du R.S.A. et/ou de la Prime d'activité, valeur des produits de la pêche...

Une comparaison entre le 4e trimestre 2019 et le 1er trimestre 2020 donne une lecture plus inquiétante : accentuation de la baisse du chiffre d'affaire et réduction des exportations des entreprises, baisse de l'emploi salarié du secteur privé dans pratiquement tous les secteurs et en particulier dans l'Intérim (-31,2%), augmentation des demandeurs d'emploi de Catégorie A et de 50 ans et plus, baisse de la TVA collectée auprès des ménages et de l'indice des crédits à la consommation, poursuite de la chute des immatriculations de véhicules particuliers et de la mise en chantier des logements neufs, baisse sensible de la valeur des produits de la pêche débarqués dans les criées et forte diminution des nuitées touristiques (pour ces deux derniers indicateurs, tenir compte de la saisonnalité), tassement des prix payés aux producteurs agricoles (porcs et lait)...

Les données de septembre (correspondant au mois de juin) et de décembre (septembre) permettront de mesurer plus précisément les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire, notamment les effets décalés résultants des processus et mesures de soutien temporaire évoqués précédemment.

Ce tableau sera actualisé progressivement en fonction de la disponibilité des données manquantes (merci de votre compréhension)...

Indicateurs de conjoncture économique et sociale Armorstat
Sources : Côtes d’Armor Conjoncture > Détails
Valeur 1e Trim. 2020 (1)
Variation (% ou pts) par rapport au...
...1e Trim. 2019
...4e Trim. 2019
ACTIVITES DES ENTREPRISES
Chiffre d’affaire des entreprises (milliards €)
6,5
- 1,3 %
- 8,6 %
Créations d’entreprises
1 125
- 0,1 %
+ 3,5 %
Procédures collectives (liquidations, redressements...)
48
- 37,7 %
- 28,4 %
TVA déductible sur immobilisations entreprises (millions €)
60,0
- 7,0 %
+ 1,3 %
Indice de l'encours des crédits à l’équipement des entreprises (base 100 1e Trim. 2002)
196,7
+ 18,2 pts
+ 5,1 pts
Indice de l'encours des dépôts à vue des entreprises (base 100 1e Trim. 2002)
413,1
+ 78,9 pts
+ 38,6 pts
Indice de l'encours de l'épargne financière des entreprises (base 100 1e Trim. 2002)
181,1
- 2,4 pts
-1,0 pt
Surface des locaux professionnels autorisée (SHON, m²)
114 928
- 21,7 %
+ 0,2 %
Montant en valeur des exportations (millions €)
296,9
+ 4,2 %
- 5,4 %
Montant en valeur des importations (millions €)
303,3
- 5,6 %
- 1,9 %
EMPLOI- MARCHE DU TRAVAIL
Emploi salarié secteur privé (données brutes) dont...
121 977
- 1,4 %
- 3,1 %
Industrie
24 015
- 0,6 %
- 1,6 %
Construction
12 972
+ 1,8 %
- 0,1 %
Commerce
22 815
+ 0,2 %
- 1,2 %.
Hôtellerie, restauration
5 794
- 4,9 %
- 2,9 %.
Autres services hors intérim
50 618
- 0,2 %.
- 0,8 %.
Intérim
5 763
- 20,8 %
- 31,2 %
Demandeurs d’emploi de Catégories A, B, C (moyenne trimestrielle) dont…
47 362
- 3,9 %
- 0,6 %
Demandeurs d’emploi de Catégorie A
27 075
- 2,5 %
+ 2,9 %
Demandeurs d’emploi de - de 25 ans
6 465
- 7,3 %
- 2,6 %
Demandeurs d’emploi de 50 ans et +
13 356
- 0,1 %
+ 0,4 %
Demandeurs d’emploi de longue durée (+ 1 an)
22 376
- 4,5 %
- 1,6 %
Heures partielles autorisées
n.d.
n.d.
n.d.
n.d.
Demandes de ruptures conventionnelles de CDI homologuées
568
- 12,3 %
- 21,7 %
Offres d’emplois collectées par Pôle Emploi
1 900
- 9,5 %
+ 5,6 %
Taux de chômage
6,9 %.
- 0,8 pt
- 0,2 pt
ACTIVITES, CONSOMMATION DES MENAGES ET DES PARTICULIERS
TVA collectée auprès des ménages (consommation, millions €)
181,2
+ 0,3 %
- 3,5 %
Indice de l'encours des crédits à l’habitat des particuliers (Base 100 1e Trim. 2002)
366,8
+ 20,2 pts
+ 3,5 pts
Indice de l'encours des crédits à la consommation des ménages (base 100 1e Trim. 2002)
154,9
+ 2,5 pts
- 3,2 pts
Indice de l'encours des dépôts à vue des particuliers (base 100 1e Trim. 2002)
263,9
+ 23,0 pts
+ 9,2 pts
Indice de l'encours de l'épargne financière des particuliers (base 100 1e Trim. 2002)
168,8
+ 7,5 pts
+ 2,7 pts
Immatriculations de voitures particulières neuves
2 752
- 35,9 %
- 39,7 %
Logements neufs autorisés (hors logements en résidence)
990
+ 32,2 %
+ 33,2 %
Logements commencés (hors logements en résidence)
452
- 28,9 %
- 22,7 %
PRECARITE
Foyers bénéficiaires du R.S.A. "socle" CAF (mars 2020)
10 575
+ 2,8 %
+ 2,2 %
Foyers bénéficiaires de la Prime d'activité CAF (mars 2020)
33 826
+ 6,2 %
- 0,5 %
Total foyers bénéficiaires CAF (mars 2020)
44 401
+ 5,3 %
+ 0,1 %
Foyers agricoles bénéficiaires de la Prime d'activité MSA (mars 2020)
3 667
+ 4,0 %
- 0,1 %
TOURISME
Taux d'occupation moyen des hôtels
n.d.
n.d.
n.d.
Nombre total de nuitées touristiques (Flux vision, miillions)
2,5
+ 0,8 %
- 28 %
PÊCHE - AGRICULTURE
Valeur des produits de la pêche débarqués en criées (millions €)
12,6
- 9,7 %
- 39,9 %
Investissement moyen dans les exploitations agricoles (€)
n.d.
n.d.
n.d.
Prix de base du porc (€ / kg de carcasse, mars 2020)
1,571
+ 30,6 %
+ 5,6 %
Prix de base du lait "A" (€ / 1 000 litres, mars 2020)
331,45
+ 2,1 %
0,0 %
Evolution favorable Stabilité Evolution défavorable - n.d. : donnée non disponible

(1) Données du 1e Trim. 2020 sauf précision différente sur la date pour certains indicateurs

> Voir aussi le Côtes d'Armor Conjoncture n° 68 > Bilan du 1e trimestre 2020 et évolution à un an d'intervalle

> Autre page Armorstat à consulter > Mesure de l'impact du COVID-19 sur l'activité touristique en Côtes d'Armor

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